L’équipe du collège Énergie de Colombus Consulting s’est penchée sur la borne de recharge de demain. Elle a défini cinq cas d’usage, à trois horizons de temps, pour comprendre le développement des bornes en France.
Selon l’étude, la France aura besoin de plus de 6,5 millions de points de charge en 2030. Ils devront couvrir les besoins de 5,5 millions de véhicules électriques. Dès 2021, l’expérience de recharge doit donc surpasser celle de la station-service. C’est une condition clé pour que le marché des véhicules électriques arrive à maturité. Pour les bornes publiques, l’enjeu majeur devient ainsi la maîtrise de la relation client.
La borne de recharge, levier de développement de la mobilité électrique
D’ici 2030, la recharge électrique devra faire mieux que la station-service.
Avec un véhicule thermique, le plein est rapide : 5 à 10 minutes. Il demande toutefois plusieurs manipulations, comme ouvrir la trappe ou choisir la pompe. L’usager paie ensuite par carte bancaire ou en espèces.
Aujourd’hui, la recharge d’un véhicule électrique prend beaucoup plus de temps. Les usagers doivent laisser leur véhicule branché plusieurs heures. Le paiement et les manipulations dégradent aussi l’expérience par rapport au thermique.
En 2030, en revanche, les fortes puissances permettront des recharges aussi rapides qu’un plein, si l’usage l’exige. De nouvelles technologies simplifieront aussi l’identification et le paiement, comme le Plug & Charge.
Le développement des bornes de recharge exigera un réseau électrique renforcé
Sans mesures préventives, l’essor de la mobilité électrique fera grimper la pointe de consommation de 19 h. RTE estime ainsi que le pic de puissance augmenterait de 20 % avec 15 millions de véhicules électriques en 2035.
Les services énergétiques, clés du développement du véhicule électrique
Pour se développer, les services énergétiques liés à la recharge devront se centrer sur l’utilisateur. Trois conditions garantiront leur adoption.
D’abord, ils doivent garantir le besoin de mobilité. Le pilotage de la recharge prévoit donc des marges de sécurité, pour rassurer l’utilisateur et éviter la panne. Ces services conviennent ainsi aux recharges longues, régulières et à puissance faible ou moyenne. À l’inverse, les opérateurs piloteront rarement les recharges ultra-rapides sur l’espace public ou les voies rapides. Sinon, l’utilisateur subirait directement un temps de recharge plus long.
Ensuite, ces services doivent offrir une expérience simple. Des applications mobiles connectées au véhicule et aux bornes permettent par exemple un contrôle à distance. L’utilisateur peut alors renseigner quelques paramètres seulement, comme son heure de départ et son kilométrage prévu.
Enfin, ces services doivent apporter de la valeur au client. Plusieurs fournisseurs d’électricité proposent déjà des offres dédiées à la recharge des véhicules électriques. Elles décalent la recharge vers les heures creuses. Selon Colombus Consulting, elles font économiser environ 125 € par an. Ce gain représente déjà un tiers du coût de la recharge à domicile. Des services plus complets pourraient encore l’augmenter.
Les avancées technologiques au service de la recharge de demain
Par ailleurs, les progrès technologiques favoriseront le développement de ces services énergétiques. Véhicules et infrastructures de recharge évolueront en effet de concert pour offrir une recharge plus simple, plus rapide et mieux pilotée.
Pour aller plus loin, retrouvez notre offre Énergie & Environnement